« Pour détecter, il suffit de centraliser le plus de logs possible. »
Un volume énorme sans objectif, contexte ni provenance produit surtout du bruit. La première question est ce qu’il faut pouvoir observer pour décider.
01Pars des décisions déjà prises
SORIA Distribution a déjà travaillé ses actifs, risques, baselines, accès privilégiés et contrôles. Tu ne recommences pas l’analyse de risques et tu ne réinstalles pas Loki.
Tu transformes un besoin de défense en exigence observable:
Actif critique contrôleur de domaine
Risque abus d'un compte privilégié
Contrôle préventif séparation des comptes d'administration
Question sécurité qui s'authentifie avec le compte privilégié, quand et où ?
Télémétrie attendue événements d'authentification Windows avec identité et horodatage fiables
La télémétrie n’est pas une fin. Elle sert une question.
02Crée le corpus de travail
lab=/tmp/soria-ir-lot1-$USER
bash module1-telemetry-timeline-qualification.sh setup "$lab"
bash module1-telemetry-timeline-qualification.sh status "$lab"
Tu obtiens exactement douze fichiers synthétiques. Observe les exigences:
column -s, -t "$lab/source/sources/coverage-requirements.csv"
column -s, -t "$lab/source/sources/source-catalog.csv"
Les exigences déclarent ce qu’il faut voir. Le catalogue déclare ce qui est représenté comme disponible.
03Mesure la couverture sans inventer une source
Exécute le traitement:
bash module1-telemetry-timeline-qualification.sh run "$lab"
column -s, -t "$lab/output/source-coverage.csv"
Quatre exigences sont couvertes. TEL-005 demande une source endpoint-edr, absente du catalogue.
Le résultat correct est:
TEL-005 ... GAP
Le résultat incorrect serait d’ajouter fictivement un agent EDR afin de rendre le tableau vert. L’absence de visibilité est une information de sécurité.
04Distingue observabilité et télémétrie de sécurité
L’observabilité publiée dans SORIA Académie t’a déjà appris à examiner métriques, logs et alertes pour comprendre un système.
Ici, une source devient exploitable pour la réponse à incident seulement si tu peux répondre à des questions comme:
- quel actif a émis l’événement ?
- quelle identité est concernée ?
- à quelle heure, avec quelle qualité d’horloge ?
- quel identifiant permet de retrouver l’original ?
- la source répond-elle à une exigence de sécurité précise ?
- quelle période est réellement couverte ?
- qu’est-ce qui reste invisible ?
Un dashboard utile à l’exploitation peut rester insuffisant pour une investigation.
05Conserve le lien avec le contrôle
Pour chaque exigence, complète mentalement cette chaîne:
mission → actif → risque/contrôle → question → source → champs → conservation → limite
Exemple:
order-processing
→ AST-IR-004
→ abus d'un rôle administrateur
→ qui a modifié le rôle ?
→ source application
→ timestamp + identity_id + event_kind + outcome
→ original préservé
→ aucune preuve d'un serveur réel dans ce lab
La chaîne permet aussi de supprimer une source inutile: si aucun besoin ne justifie un flux de données sensible et coûteux, « collecter au cas où » n’est pas automatiquement une bonne architecture.
06Ne transforme pas une déclaration en preuve
Le fichier source-catalog.csv contient SRC-WIN. Cela signifie seulement que le scénario synthétique représente cette source.
Cela ne prouve pas:
Advanced Audit Policy activée sur un vrai Windows
agent Wazuh installé
forwarder opérationnel
rétention garantie
horloge réellement synchronisée
événements complets
Pour prouver ces points, il faudrait observer les systèmes concernés et leurs chemins de collecte.
07Valide la décision du lot
bash module1-telemetry-timeline-qualification.sh validate "$lab"
cat "$lab/output/decision.txt"
La décision de référence est volontairement:
TELEMETRY_READY_WITH_ACTIONS
Le corpus est suffisamment cohérent pour poursuivre l’apprentissage, mais la lacune endpoint-edr reste visible.
Construis trois besoins de télémétrie SORIA
Pour trois risques ou contrôles déjà publiés, écris la question de sécurité, la source attendue, les champs indispensables, le propriétaire et la limite de preuve. Une lacune doit rester une lacune tant qu’une source réelle n’est pas disponible.
✓À retenir
Une capacité de détection commence par des questions observables et des sources traçables. La quantité de logs ne remplace ni la couverture ni la preuve.