« Une alerte rouge prouve la cause de l’incident. »
Non. Une alerte prouve qu’un check a observé une condition. L’étudiant doit encore déterminer si le service utilisateur est réellement indisponible, si la chaîne de supervision est défaillante ou si le check lui-même est mal paramétré.
01Contrat de l’évaluation
assessmentId : BTS-SISR-Y2-OBS-001
blocs : Bloc 1 + Bloc 2 SISR + Bloc 3
format : TP évalué + incidents contrôlés + reprise + dossier de preuves
contexte : SORIA Distribution — laboratoire synthétique
objectif : définir → superviser → observer → qualifier → diagnostiquer → restaurer → prouver
Cette évaluation ne fournit ni suite de commandes ni chemin de menus Centreon. L’étudiant doit réutiliser les cours techniques, choisir ses checks et justifier ce qu’ils prouvent réellement.
02Contexte métier
SORIA Distribution veut exploiter son portail DMZ sans attendre qu’un utilisateur signale une panne.
Le laboratoire met à disposition :
MON-CENTREON01 : plateforme de supervision
WEB-DMZ01 : portail HTTPS publié en DMZ
SRV-DNS01 : résolution du nom du portail
CLIENT-EXT : client légitime simulé
pare-feu : politique de flux déjà validée
Le service métier attendu est :
https://portail.dmz.soria.test/
Le candidat ne doit pas déduire que ping = OK signifie que le portail fonctionne.
03Livrable A — stratégie de supervision
Avant toute configuration, remets une fiche couvrant au minimum trois niveaux de preuve :
NIVEAU HOTE : l'équipement ciblé peut être contrôlé selon la politique retenue
NIVEAU RESEAU : le poller atteint le service autorisé
NIVEAU SERVICE : le portail répond selon le protocole et le nom attendus
Pour chaque check :
| Élément | Attendu |
|---|---|
| objet supervisé | hôte ou service clairement nommé |
| besoin métier | raison de la supervision |
| résultat sain | condition d’acceptation |
| état dégradé | WARNING/CRITICAL/UNKNOWN ou état pertinent |
| action opérateur | première vérification utile |
| limite | ce que le check ne prouve pas |
Un check sans limite explicitée est incomplet.
04Livrable B — matrice de flux
Construis la matrice des communications réellement nécessaires à la supervision.
Elle doit distinguer :
poller -> cible supervisée
client -> service métier
administrateur -> console de supervision
flux explicitement interdits
Pour chaque flux autorisé, précise :
source
destination
protocole/port
justification
mécanisme de vérification
mécanisme de rollback
La désactivation globale du pare-feu invalide l’épreuve correspondante.
05Baseline saine obligatoire
Avant les incidents, constitue une baseline horodatée T0.
Elle doit prouver au minimum :
nom DNS du portail résolu depuis les points pertinents
service HTTPS accessible depuis CLIENT-EXT
check Centreon du portail sain
sortie du dernier check conservée
heure du dernier check conservée
politique réseau appliquée
un test négatif de flux interdit toujours refusé
Si la baseline n’est pas saine, l’étudiant doit corriger ou déclarer l’anomalie avant l’injection de panne.
06Incident A — le service métier tombe
Le formateur sélectionne une panne qui rend le portail indisponible sans casser volontairement Centreon.
Exemples admissibles :
service frontal arrêté
configuration de service invalide déjà préparée pour rollback
écoute HTTPS supprimée dans le laboratoire
Le candidat doit fournir une chronologie :
T1 = début de panne
T2 = premier symptôme utilisateur observable
T3 = changement d'état de supervision
T4 = incident qualifié
T5 = cause localisée
T6 = service restauré
T7 = recovery confirmé
Les durées mesurées sont des observations du laboratoire, pas des SLA universels.
07Prise en compte de l’alerte
Lorsque l’état non sain est confirmé, l’étudiant doit montrer comment il signale la prise en charge de l’incident.
Le commentaire ou la trace associée doit contenir :
responsable de la prise en charge
heure
symptôme constaté
hypothèse actuelle
prochaine action
référence du ticket ou de l'épreuve
Question orale obligatoire :
Pourquoi un acknowledgement ne constitue-t-il pas une correction ?
Une maintenance planifiée doit être distinguée d’un incident réel. L’utilisation d’un downtime pour masquer rétroactivement l’incident invalide la preuve de détection.
08Diagnostic de l’incident A
Le candidat choisit ses contrôles et les ordonne par hypothèses.
Le raisonnement doit distinguer au minimum :
DNS
connectivité / filtrage
écoute TCP
TLS
frontal web
backend si applicable
ressources système si un symptôme le justifie
Il n’est pas demandé d’exécuter toutes les commandes connues. Il faut sélectionner les observations qui discriminent les hypothèses.
09Restauration et recovery
Après correction, la recette doit repartir du point de vue de l’utilisateur puis revenir vers la supervision :
CLIENT-EXT accède au portail
→ DNS/TLS/service sont cohérents
→ le check Centreon redevient sain
→ l'événement de recovery est identifiable
→ le test négatif réseau reste négatif
Le dossier doit montrer l’état avant incident, pendant incident et après restauration.
10Incident B — le service reste sain mais la supervision se trompe
Le deuxième incident doit être d’une autre nature.
Le formateur choisit par exemple :
flux poller -> cible bloqué
paramètre du check erroné
nom utilisé par le check incorrect
secret/communauté de laboratoire invalide si le scénario en utilise un
plugin incapable d'exécuter le contrôle attendu
Contrainte : le portail doit rester accessible depuis le client légitime.
Le candidat doit démontrer simultanément :
service métier sain côté client
supervision non saine ou UNKNOWN selon le cas
cause située dans le chemin ou la configuration de monitoring
correction ciblée
retour du check à l'état sain
11Question de discrimination
Le candidat remplit le tableau à partir de ses observations :
| Symptôme | Service utilisateur | Supervision | Hypothèse dominante |
|---|---|---|---|
| A | indisponible | non saine | panne service ou dépendance |
| B | disponible | non saine | chaîne de monitoring / check |
| C | disponible | saine | pas d’incident détecté dans le périmètre |
Il doit expliquer pourquoi aucune colonne, prise isolément, ne suffit toujours à identifier la cause racine.
12Seuils et qualité des alertes
Si un check utilise un seuil, le candidat doit justifier :
mesure
unité
valeur WARNING
valeur CRITICAL
impact visé
risque de faux positif
risque de faux négatif
Aucun « seuil BTS » n’est fourni. Une valeur non justifiée est traitée comme un choix arbitraire.
Pour un check fonctionnel binaire, le candidat peut expliquer pourquoi un seuil numérique serait artificiel.
13Sécurité de la supervision
Le dossier doit prouver que la mise en place des checks n’a pas dégradé la politique de sécurité.
Contrôles attendus :
console Centreon non publiée vers CLIENT-EXT
flux poller limités au besoin
aucun secret dans les captures ou livrables
compte/check non privilégié lorsque possible
administration séparée de la simple collecte
règle temporaire supprimée si elle n'est plus nécessaire
Toute règle « any/any » créée uniquement pour faire fonctionner l’épreuve doit être corrigée et documentée avant validation.
14Comparaison des deux modèles étudiés
Le candidat rédige une courte comparaison entre :
Centreon : hôtes, services, checks, états, exploitation d'incident
Prometheus : métriques, séries temporelles, règles et alerting
La réponse ne doit pas chercher un gagnant. Elle doit expliquer ce que chaque approche rend observable dans le laboratoire et où leurs périmètres se recouvrent ou se complètent.
15Dossier de preuves final
Le candidat remet :
1. stratégie de supervision ;
2. matrice de flux ;
3. baseline T0 ;
4. configuration logique des hôtes/services/checks ;
5. preuves incident A ;
6. preuve de prise en charge ;
7. diagnostic et correction A ;
8. recovery A ;
9. preuves incident B ;
10. diagnostic et correction B ;
11. tests positifs et négatifs après remise en état ;
12. limites et risques de faux positifs/faux négatifs.
Chaque preuve suit le contrat :
EXIGENCE
→ CONTEXTE
→ ACTION
→ RESULTAT / VERIFICATION
→ LIMITE
Aucun secret, donnée personnelle réelle ou topologie de production n’est accepté dans le dossier.
16Critères d’évaluation
| Domaine | Attendu |
|---|---|
| conception | checks reliés au service rendu et limites explicites |
| sécurité | flux bornés et tests négatifs conservés |
| exploitation | états et alertes interprétés, non simplement capturés |
| diagnostic | hypothèses discriminées par des observations utiles |
| reprise | recovery prouvé côté client et supervision |
| documentation | chronologie et preuves reproductibles |
| recul | distinction symptôme/cause et comparaison des outils |
Une solution techniquement fonctionnelle mais obtenue en désactivant les contrôles de sécurité ou en masquant les alertes ne satisfait pas l’évaluation.
✓Condition de réussite
L’étudiant doit démontrer qu’il sait construire une supervision utile, interpréter ses limites, conduire deux incidents de nature différente, restaurer l’état sain et prouver que l’exploitation reste compatible avec la politique de sécurité.