« Un serveur, c’est une machine, avec un système. Une seule. »
C’est vrai pour ton ordinateur. Mais un serveur moderne, lui, peut héberger des dizaines de machines complètes à l’intérieur de lui-même, chacune se croyant seule au monde. C’est ça, la virtualisation — et c’est la fondation de tout le projet. On ne va pas te l’expliquer : on va la créer.
Ton serveur bare-metal t’est livré avec Proxmox déjà installé (Proxmox, c’est le logiciel qui va découper ta machine physique en machines virtuelles). Ton travail commence ici : le prendre en main et lui faire fabriquer tes premières machines.
À la fin de cette phase, tu sauras…
- Accéder à l’interface de Proxmox et lire l’état de ton serveur
- Créer une machine virtuelle (VM) Debian en ligne de commande
- Créer une seconde VM, avec un bureau graphique cette fois
- Prouver que ces machines sont vraiment isolées les unes des autres
- Expliquer avec tes mots ce qu’est un hyperviseur et une VM
01Entre dans ton serveur
Ouvre Proxmox et regarde ce qui existe déjà
Dans ton navigateur, ouvre https://<IP-de-ton-serveur>:8006 et connecte-toi. Tu arrives sur l’interface de Proxmox. En haut à gauche, ton serveur apparaît comme un nœud (node).
Ouvre maintenant le Shell du nœud (bouton en haut à droite) et tape :
Manipuleqm listObserveVMID NAME STATUS MEM(MB) BOOTDISK(GB) PID
(vide — aucune VM pour l'instant)Comprends qu’est-ce que Proxmox, au juste ?
Proxmox est un hyperviseur : un logiciel qui gère la création et l’exécution de machines virtuelles sur un serveur physique. La commande qm (« QEMU manager ») pilote ces VMs en ligne de commande ; l’interface web fait la même chose avec des clics. Les deux parlent au même moteur.
02Fabrique ta première machine
Une VM Debian, en ligne de commande
D’abord, il faut l’image d’installation de Debian. Dans le Shell du nœud, récupère l’ISO :
Manipulecd /var/lib/vz/template/iso
# Récupère le nom exact de l'image "netinst" stable actuelle sur debian.org/CD/netinst,
# puis télécharge-la (adapte le numéro de version à celui affiché) :
wget https://cdimage.debian.org/debian-cd/current/amd64/iso-cd/debian-13.5.0-amd64-netinst.isoPuis, dans l’interface web, clique Create VM (en haut à droite) et renseigne :
| Réglage | Valeur |
|---|---|
| Name | debian-cli |
| ISO image | l’image Debian téléchargée |
| Disk | 16 Go |
| Cores | 1 |
| Memory | 2048 Mo |
Démarre la VM (Start), ouvre sa Console, et installe Debian sans environnement de bureau (décoche « environnement de bureau », garde « serveur SSH » et « utilitaires usuels »).
ObserveReviens au Shell du nœud et regarde ce que tu viens de créer :
qm list
qm config 100VMID NAME STATUS MEM(MB)
100 debian-cli running 2048
cores: 1
memory: 2048
scsi0: local-lvm:vm-100-disk-0,size=16G
...Comprends c’est quoi une « VM », concrètement ?
Une machine virtuelle est un ordinateur complet — processeur, mémoire, disque, carte réseau — simulé par logiciel. Debian, à l’intérieur, ne sait pas qu’il est virtuel : il voit « son » disque de 16 Go et « ses » 2 Go de RAM. En réalité, ce sont des tranches du matériel réel, découpées et attribuées par Proxmox.
03Une deuxième machine, différente
Une VM Debian, avec bureau graphique
Refais l’opération (Create VM), mais cette fois nomme-la debian-gui, donne-lui plus de ressources (2 cœurs, 4096 Mo, disque 25 Go), et à l’installation, coche cette fois « environnement de bureau » (GNOME).
qm listVMID NAME STATUS MEM(MB)
100 debian-cli running 2048
101 debian-gui running 4096Comprends pourquoi deux machines sur un seul serveur ?
C’est tout l’intérêt de la virtualisation : rentabiliser le matériel. Au lieu d’acheter deux serveurs physiques, tu en découpes un seul en plusieurs machines isolées. Dans ce projet, tu en créeras plusieurs : des serveurs Linux, un pare-feu, un registre d’images… tous sur ta seule machine.
04Sont-elles vraiment séparées ?
Prouve l’isolation — et protège ton travail
Manipuleqm stop 101 # on éteint brutalement la VM graphique
qm status 100 # et on regarde l'autreObservestatus: running # debian-cli continue, imperturbableqm start 101.Maintenant, un réflexe qui va te sauver tout au long du projet — la photo instantanée :
Manipuleqm snapshot 100 phase0-okComprends pourquoi les snapshots sont ton filet de sécurité
Un snapshot fige l’état complet d’une VM à un instant. Si plus tard une manipulation casse tout, tu reviens à cet état sain en une commande (qm rollback 100 phase0-ok) — sans tout refaire. Dans ce projet, on prend un snapshot à la fin de chaque phase. C’est ton point de reprise.
→Maintenant, la définition
Tu l’as fait de tes mains, on peut donc le dire simplement :
La virtualisation, c’est un hyperviseur (ici Proxmox) qui découpe un serveur physique en plusieurs machines virtuelles isolées, chacune avec son propre système, se partageant le matériel réel.
| Serveur physique | Machine virtuelle | |
|---|---|---|
| Existence | matériel réel | simulée par l’hyperviseur |
| Combien | 1 (ta machine OVH) | autant que les ressources le permettent |
| Isolation | — | totale entre VMs |
| Créer / détruire | lourd, physique | en quelques clics / commandes |
Et côté Cloud Ton serveur vit chez OVH. Peu à peu, tu vas aussi prendre en main l’espace OVH : gérer le DNS de tes domaines, les IP publiques, et plus tard une adresse MAC virtuelle pour le pare-feu. Cette partie « cloud » fait pleinement partie du métier — on y reviendra au moment où le projet en aura besoin.
✓Ce que tu retiens
Un seul serveur physique peut héberger plusieurs machines complètes et isolées, grâce à un hyperviseur (Proxmox). Tu sais maintenant en créer, les piloter, et surtout les protéger par snapshot — ton filet de sécurité pour tout le projet.
Ton bac à sable est prêt
Crée une troisième VM toi-même, de bout en bout, et documente ce que tu as compris.
À faire
- Crée une VM
debian-test: 1 cœur, 1024 Mo, disque 10 Go, Debian sans bureau. - Vérifie-la :
qm config <vmid>etqm status <vmid>. - Prends un snapshot nommé
base. - Dans BookStack, écris une page « Phase 0 » : qu’est-ce qu’un hyperviseur, une VM, un snapshot — avec tes mots.
Critères de réussite
- Trois VMs listées par
qm list. - Un snapshot existe sur chacune (point de reprise de la phase).
- Ta page BookStack explique clairement les trois notions.
?Auto-évaluation
1. Qu’est-ce qu’un hyperviseur ?
Le logiciel (ici Proxmox) qui crée et fait tourner des machines virtuelles sur un serveur physique, en leur répartissant le matériel.
2. Éteindre une VM affecte-t-il les autres VMs du serveur ?
Non. Les VMs sont isolées : elles partagent le matériel mais sont indépendantes.
3. À quoi sert un snapshot, et quand en prend-on un dans ce projet ?
Il fige l’état d’une VM pour y revenir en cas de problème. On en prend un à la fin de chaque phase — c’est le point de reprise.